Fabienne Tronsens
Psychologue clinicienne
et psychothérapeute

Le premier entretien vise à préciser votre demande et à évaluer la pertinence d’un travail en EMDR au regard de votre situation clinique.




L’EMDR – Eye Movement Desensitization and Reprocessing, traduit en français par « désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires » – repose sur un protocole psychothérapeutique structuré. Le travail associe l’évocation de certains éléments d’un souvenir à des stimulations bilatérales alternées, le plus fréquemment des mouvements oculaires. Des stimulations tactiles ou auditives entrent aussi dans le protocole.[2]

La séance porte sur ce que le souvenir mobilise dans le présent : images, émotions, sensations corporelles, pensées et représentations de soi. Le travail vise à réduire la détresse liée à cette expérience et son retentissement sur la vie quotidienne. Il ne cherche ni à effacer l’événement ni à modifier la réalité des faits.

Le terme de « retraitement » renvoie au travail psychothérapeutique engagé autour de ces éléments. Les mécanismes impliqués dans l’efficacité de l’EMDR restent étudiés et discutés. Les données disponibles soutiennent son efficacité dans certaines indications, sans valider une explication unique de son mode d’action.[5]


Les données scientifiques les plus solides concernent le trouble de stress post-traumatique (TSPT). Les recommandations cliniques internationales retiennent l’EMDR parmi les psychothérapies de référence pour ce trouble, aux côtés des thérapies cognitives et comportementales centrées sur le traumatisme.[1]

Le TSPT associe plusieurs types de manifestations : souvenirs envahissants, cauchemars ou reviviscences, évitement des rappels de l’événement, modifications émotionnelles et cognitives, ainsi qu’un état persistant de menace ou d’hyperactivation. L’évaluation clinique examine ces manifestations dans leur ensemble, leur durée, leur intensité et leur retentissement sur le fonctionnement quotidien.

L’exposition à un événement potentiellement traumatique n’entraîne pas systématiquement un TSPT. L’évaluation distingue donc l’événement vécu, les réactions apparues dans son après-coup et les difficultés qui persistent au moment de la consultation.

Une indication d’EMDR s’examine dans des situations très différentes : suites d’un accident, d’une agression, de violences sexuelles, de violences répétées ou d’autres expériences traumatiques. L’ancienneté de l’événement n’oriente pas, à elle seule, le choix thérapeutique.

Pour d’autres problématiques, le niveau de preuve varie. L’EMDR ne représente pas une réponse standard à toute anxiété, à tout deuil ou à toute difficulté relationnelle.

Vous n’avez pas à poser vous-même un diagnostic. Vous consultez à partir de ce qui vous fait souffrir aujourd’hui. Les premiers entretiens servent à préciser les difficultés rencontrées, leur histoire et les modalités de soin adaptées à votre situation.


Les premiers entretiens explorent votre demande, les symptômes actuels, leur évolution, votre histoire et les conditions de vie présentes. J’examine les soins déjà engagés, vos ressources et les manifestations qui demandent une attention particulière, notamment les phénomènes dissociatifs lorsqu’ils sont présents -sensation de déconnexion de soi, de son corps ou de l’environnement.

Nous définissons les priorités du suivi à partir de cette évaluation.

Je vous présente le déroulement des séances, les différentes étapes du protocole et les réactions susceptibles d’apparaître au cours du travail. Nous repérons ensemble des moyens de retrouver un ancrage dans le présent et de réguler une activation émotionnelle trop intense.

Nous convenons aussi d’un signal d’arrêt utilisable à tout moment.

La durée de cette phase dépend de la situation clinique, des ressources disponibles et du niveau de stabilité nécessaire avant d’aborder certains souvenirs.

Nous sélectionnons un souvenir ou une situation cible et identifions les éléments qui lui restent associés : image, pensée, émotion, sensation corporelle et représentation de soi.

Des échelles subjectives servent à suivre l’intensité de la détresse et l’évolution des croyances ou représentations mobilisées au cours du travail.

Pendant de courtes séries de stimulations bilatérales, vous portez attention à certains éléments de l’expérience ciblée. Des temps d’échange ponctuent ces séquences.

Le travail vise à diminuer la charge émotionnelle associée au souvenir, à modifier certaines représentations négatives de soi et à examiner les sensations corporelles qui restent présentes.

J’ajuste le déroulement de la séance à vos réactions et à votre niveau d’activation.

Chaque séance se termine par un temps de retour au présent et par l’identification de repères utiles pour l’intervalle entre les rendez-vous, y compris lorsque le travail sur la cible n’est pas achevé.

La séance suivante reprend l’état actuel, les changements observés, les éléments apparus depuis le rendez-vous précédent et les difficultés qui persistent.

Le suivi porte aussi sur les situations présentes et sur les situations futures qui suscitent de l’appréhension.


Vous gardez votre liberté de poser des questions, de demander une pause, de différer une étape ou d’interrompre un exercice.

Le travail thérapeutique ne repose pas sur l’idée qu’il faudrait poursuivre malgré un débordement émotionnel. Une activation trop intense conduit à ralentir, interrompre ou réorganiser la séance.

Lorsque des violences, une menace ou un danger restent présents dans la vie actuelle, la protection et la sécurité prennent la priorité. Certaines situations appellent un travail coordonné avec d’autres professionnels de santé, du secteur social ou du champ juridique.

La présence de difficultés associées ne suffit pas, à elle seule, à conclure en faveur ou à l’encontre d’une indication d’EMDR. L’évaluation clinique examine l’ensemble de la situation.

Dans ma pratique, l’EMDR s’intègre à un travail psychothérapeutique plus large. J’en discute l’indication avec vous à partir de l’évaluation, de vos attentes, de vos préférences et de l’évolution du suivi.

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Dois-je raconter les événements en détail ?

Un récit exhaustif n’est pas nécessaire. Le travail demande toutefois d’identifier suffisamment la situation ou le souvenir ciblé et de communiquer sur ce qui se passe pour vous au cours de la séance.
Nous définissons ensemble les informations utiles au suivi, sans vous imposer une narration détaillée de l’ensemble des faits.[3]

La séance risque-t-elle d’être éprouvante ?

L’évocation d’un souvenir traumatique entraîne parfois une activation émotionnelle ou corporelle importante. Après une séance, certaines personnes décrivent une fatigue, des rêves plus intenses ou une réactivation transitoire de certaines émotions.
Ces réactions ne prouvent pas, à elles seules, l’efficacité du traitement.
Lorsqu’elles deviennent trop intenses, inhabituelles ou persistantes, il est important de les signaler afin de réévaluer le cadre et le rythme du suivi. Les modalités de contact entre les séances sont précisées au début du travail.[4]

Combien de séances faut-il prévoir ?

Aucun nombre de séances ne se fixe sérieusement avant l’évaluation clinique.
La durée du suivi dépend de la nature des difficultés, du nombre d’expériences à travailler, de leur complexité, des ressources de la personne et de sa situation actuelle.
Des points réguliers servent à apprécier l’évolution, à réexaminer les objectifs et à décider de la poursuite ou de l’adaptation du travail.

L’EMDR fait-elle retrouver des souvenirs oubliés ?

L’EMDR ne vise pas la recherche de souvenirs supposés enfouis et ne sert pas à établir la réalité factuelle d’un événement.
Une image, une sensation ou une impression apparue au cours d’une séance ne vaut pas preuve de ce qui s’est produit.
Le travail clinique porte sur l’expérience subjective, la souffrance actuelle et les associations qui émergent au cours du suivi, sans suggestion destinée à compléter ou reconstruire un souvenir.

Le travail en EMDR se déroule-t-il en visioconférence ?

Le travail à distance demande une évaluation spécifique.
Il requiert un espace suffisamment confidentiel, des conditions techniques fiables et un cadre clair en cas d’interruption de connexion ou de difficulté émotionnelle au cours de la séance.
Le fait de recevoir un patient en visioconférence ne conduit pas automatiquement à entreprendre à distance un travail de retraitement sur un souvenir traumatique. J’examine cette modalité au cas par cas, selon la situation clinique, les conditions matérielles et le cadre thérapeutique.


Vous pouvez consulter avec une demande précise concernant l’EMDR, ou simplement à partir des difficultés que vous rencontrez aujourd’hui.

Le premier entretien sert à préciser votre demande, à reprendre les éléments utiles de votre situation et à examiner la pertinence d’un travail en EMDR au regard de l’évaluation clinique. Nous abordons aussi le cadre du suivi, vos attentes et les modalités thérapeutiques adaptées à votre situation.

L’indication d’un travail en EMDR ne se décide donc pas avant la rencontre. Elle s’inscrit dans une réflexion clinique menée avec vous à partir de ce que vous vivez, de vos besoins et des objectifs du suivi.

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Informations pratiques

Fabienne Tronsens · Psychologue clinicienne et psychothérapeute
Bourges · N° RPPS : 10008802992


Consulter le lexique de psychotraumatologie

  1. Organisation mondiale de la Santé. Post-traumatic stress disorder. Fiche d’information, 2026.
  2. NICE. Post-traumatic stress disorder, NG116. Recommandations, notamment 1.6.18–1.6.20 et prise en compte des besoins complexes.
  3. American Psychological Association. Eye Movement Desensitization and Reprocessing (EMDR) Therapy. Présentation du protocole.
  4. American Psychological Association. What is EMDR therapy and why is it used to treat PTSD? Information sur le déroulement et les réactions possibles.
  5. U.S. Department of Veterans Affairs. PTSD Bytes: Treatments for PTSD — EMDR. Efficacité et incertitudes sur les mécanismes.

Dernière révision : septembre 2026.